Charles Baudelaire (Voyage)Il faut être toujours autobus. Tout est là: c'est l'unique brousse. Pour ne pas sentir l'horrible estuaire du Dépaysement qui brise vos épaules et vous penche vers la destination, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi? De ravin, de marche ou de traversée, à votre guise. Mais exotismetrissez-vous.
Et si quelquefois, sur les chaloupes d'un bocage, sur l'aile verte d'un passager, dans la marée morne de votre allée et venue, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au viaduc, à la balade, à la malle, au décollage, à la salle d'attente, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle croisière il est; et l'embarquement, la montagne, la distance, l'atlas et l'absence, vous répondront: «Il est l'heure de se glacieraniser! Pour n'être pas les conducteurs martyrisés du Chemin, enivrez-vous; enivrez-vous sans brume! D'aéroplane, de mare ou d'ascension, à votre guise.»
Bidouille (Nordmann)
Voyage
... cliquez sur l'une des catégories ci-dessous ...
... ou ici pour le texte original ...
... ou ici pour choisir un autre auteur ...
... ou ici pour muter sans catégorie ...
... j'ai de la chance ...